Culture Purhépecha

Introduction

Les Purhépechas du Mexique étaient polythéistes, ils considéraient leur origine comme divine. Leur histoire commencerait dans le ciel pour se poursuivre sur Terre.

L’âge d’or de leur civilisation s’étend du 12ème au 16ème siècle. Malgré l’évangélisation des populations, ils ont su préserver leurs savoirs et leurs cultes.

Dans leur tradition, la nature est considérée comme sacrée, puisqu’elle est source de vie : c’est la « Terre-mère ».

L’homme est lié par un lien fraternel à ses semblables. Il honore la vie sur Terre grâce à ses ancêtres, aux points cardinaux et par sa relation proche avec les éléments terrestres et célestes.

Cosmovision

La cosmovision est la vision du monde selon l’histoire des anciens peuples du monde.

Selon l’approche ethnoécologique mésoaméricaine, elle est classifiée en trois catégories :

  • Cosmos : système de croyance telles que la cosmogonie (ainsi que l’astronomie), la représentation et la fonction des divinités, les mythes, les rites, les contes, fables et anecdotes…
  • Corpus : le répertoire complet des connaissances telles que la médecine, la botanique, la zoologie, l’édaphologie, l’hydrologie, la mycologie, l’éco-géographie, la climatologie, (l’astronomie), la taxonomie, la géologie, la minéralogie et l’agroforesterie…
  • Praxis : l’usage, la gestion des ressources et les pratiques d’un groupe social déterminé (appropriation de la nature) tels que l’alimentation, l’habitation, l’agriculture, l’élevage, la pêche, la chasse, la récolte, la sylviculture, l’artisanat, (la médecine), l’aquaculture…
 Le saviez vous ? La cosmogonie mésoaméricaine consiste en la division de l’univers en trois plans. Elle implique au premier plan, l’endroit où règnent les Divinités Célestes, au second plan, l’endroit où vivent les humains et les dieux providents et au troisième plan l’inframonde, là où se trouvent les divinités mortes. 

 

 

Cosmos Purhépecha

Chez les Purhépechas la division cosmogonique est également similaire à celle de la Mésoamérique.

Division de l’univers en trois mondes

1- Le monde des divinités créatrices : Aùandarhu, situé dans le ciel. On y trouve les divinités astrales tels que le Soleil, la Lune, les étoiles ou les animaux volants.

2- Le monde des vivants : Echerendu, monde des points cardinaux et des quatre éléments situés sur la superficie de la terre. On y trouve les divinités de la nature tels que les nuages, le vent, les végétaux, les divinités humaines et animales.

3- Le monde des morts : Cumànchecuaro, situé sous terre. Y règnent les divinités animales tels que la taupe, le serpent…

 

L’ origine de l’univers selon la tradition Purhépecha

KURHIKA K’ERI créa 4 cercles concentriques desquels apparurent les points cardinaux.

KURHIKA K’ERI créa le Père Soleil JURIATA (son fils) et lui donna pour épouse KUTSI, la Mère Lune.

De l’union de JURIATA et KUTSI apparurent 3 cercles concentriques desquels naquit KUERAJPERI, Déesse et Mère de la nature.

KURHIKA K’ERI créa de son côté la lumière et KUERAJPERI l’harmonie.

KURHIKA K’ERI féconda par 4 éclairs KUERAJPERI, un sur le visage, un sur les mains, un sur le cœur et un sur le ventre.

KUERAJPERI donna d’abord naissance aux montagnes, mers, lacs, arbres et fleurs, puis donna naissance aux animaux pour enfin donner naissance à des êtres qu’elle dota de la sagesse et appela Purhépechas.

Division de la Terre en 5 directions

La planète Terre, dans cette culture, est également divisée en 5 directions (les 4 points cardinaux et le point central)

Chaque direction est symbolisée par le séjour du dieu du Feu (KURHIKA K’ERI).

Les apparitions dans une direction (Nord, Sud, Est, Ouest et le Centre) créent une nouvelle divinité considérée comme la gardienne de ce lieu et appelée « TIREPEMES » :

1- Orient (Ouest) : lieu où renait le Soleil gardé par « TIREPEME-QUARENCHA » Seigneur de la pluie d’Orient, de couleur rouge

2- Occident (Est) : lieu où meurt le Soleil gardé par « TIREPEME-TURUPTEN » Seigneur du couchant, de couleur blanche

3- Nord : direction du solstice d’hiver gardé par « TIREPEME-XUNGAPETI », le Seigneur de la pluie, de couleur jaune

4- Sud : considéré comme l’entrée du paradis gardé par « TIREPEME-CAHERI » Seigneur des grandes pluies, de couleur noire

5- Centre : lieu où renait le Soleil gardé par « CHUPI-TIREPEME » Seigneur de la pluie de couleur bleue

Astronomie Purhépecha

Chez les Purhépechas, il est difficile de séparer la signification mystique des étoiles et la connaissance purement astronomique.

  • Les étoiles de la constellation du Taureau présentent dans l’amas ouvert des Hyades, Alpha Tauri (Aldébaran), Beta Tauri (Elnath), Gamma Tauri (Hyadum) représentent la trinité KURHIKA K’ERI-JURIATA- KURHIKA K’ERI (Père, Mère, Fils). Cette trinité est appelée Parahtakukua
  • La croix sud (constellation de l’hémisphère Sud) appelée par les Purhépechas Tamhoskua, représente la demeure des 4 divinités supérieures ou également la force créatrice de l’Univers. Aujourd’hui les anciens considèrent qu’elle est le lieu de résidence de notre Dieu Créateur.
  • La situation géographique de la constellation d’Orion permettait aux Purhépechas l’ensemencement du maïs (ou le début des semailles). La position de cette constellation au Zénith indique la nouvelle année Purhépecha (1er février).
 Le saviez-vous ? La constellation de la croix du Sud est également très importante dans les cultures Egyptiennes, Grecs, Scandinaves, Druidiques, Hindous etc. Depuis la nuit des temps, les hommes ont célébré la relation entre cette constellation et le solstice d’hiver. Cette célébration est apparentée à la renaissance du Soleil, de la lumière et donc de la vie.

Calendrier rituel Purhépecha vs Calendrier Grégorien

Source : Pablo Alarcón Chavez

Dans l’état du Michoacán Préhispanique, les Purhépechas pratiquaient les 18 anciennes cérémonies (18 mois) avec un lien préhispanique tels que :

Pejuaskuaro : le temps de la renaissance en relation avec le solstice d’hiver

Sïkundiro : le temps de la nouvelle année Purhépecha, selon leur culte, le Soleil rénove son énergie de façon annuelle, aux alentours du 1er février dans notre calendrier etc.

Depuis les années 1980, ils se sont réattribué leurs fêtes et en pratiquent aujourd’hui certaines comme la nouvelle année Purhépecha.

 Le saviez-vous ? L’année Purhépecha compte 365 jours divisés en 18 mois de 20 jours, les 5 jours restant étant considérés comme des jours funestes et propices à la méditation et à la réflexion.

Corpus Purhépecha

Les Purhépechas disposaient d’une nomenclature des phénomènes météorologiques, des cycles lunaires, des êtres vivants, des formes de vie terrestre, etc. Mais aussi concernant la classification des sols, des arbres, des plantes, des champignons, de l’anatomie animale et des plantes, etc.

Nomenclature Purhépecha des êtres vivants :

Praxis Purhépecha

Les paysans Purhépechas cultivaient leur terrain de manière très organisée. Les espaces de production appelés ekuaros étaient à la charge des femmes et des enfants. Les ekuaros disposaient d’une cinquantaine d’espèces végétales et animales dont principalement :

– les plantes médicinales : aloe vera, camomille etc.

– plantes potagères

– épices et condiments

– différents types de maïs (5 variétés différentes : blanche, jaune, noire, rouge et bleue)

– figues de barbarie

– animaux : cochons, poules, canards, lapins etc.

Organisation d’un ekuaro Purhépecha :

Conclusion

La culture Purhépecha n’est pas la plus connue du Mexique, cependant elle n’a jamais disparu depuis le 16ème siècle malgré l’évangélisation des populations.

Même s’ils ont été convertis à la religion catholique, la majeure partie des Purhépechas a conservé ses croyances préhispaniques. Ils continuent le culte aux dieux (Divins) Purhépechas. Le drapeau Purhépecha dispose au centre du symbole du Dieu du Feu (KURHIKA K’ERI).

Depuis des générations l’héritage culturel se transmet de façon orale. Certains ethnologues affirment que la transmission orale et l’importance du lien du sang ont préservé cette culture. Aujourd’hui les Purhépechas sont métissés, cependant il existe des communautés fermées, sociétés hermétiques, où les traditions et valeurs Purhépechas sont fortement ancrées.

La famille est notamment un facteur important dans leur tradition, et chaque être vivant est considéré comme un frère ou une sœur.

Cette description est essentiellement basée sur la thèse de Pablo Alarcon Chavez, vérifiée par le Docteur Victor M. Toledo, et sur celle de Tata Rafael Chavez (indigène actif Purhépecha).

La source principale de l’histoire des Purhépecha sont les récits de « La relation du Michoacán » écrits par Virrey Antonio de Mendoza en l’an 1540.